Au secours, je perds mes cheveux !

La chute de cheveux concernerait 10 millions de personnes en France, dont 65% des hommes, mais aussi 5% des femmes. Explications et solutions.

En partenariat avec l’émission « Le grand direct de la santé », présentée par Jean-Marc Morandi et diffusée le mercredi de 11 heures à 12 heures, sur Europe 1. Perdre des cheveux, est-ce normal ?Oui, mais dans une certaine mesure ! Le cheveu évolue en plusieurs phases qui constituent le cycle capillaire : une phase de croissance (le cheveu pousse de 0,75 à 1 cm par mois) qui dure de 2 à 6 ans, une phase où la croissance cesse qui dure de 2 à 3 semaines, et une phase de chute où le cheveu tombe qui dure de 2 à 3 mois. Après, le cycle se répète. Ainsi, chacun d’entre nous perd naturellement environ 50 cheveux par jour, qui sont en principe aussitôt renouvelés. La perte est en général plus importante lors des changements de saison.Quand la perte de cheveux devient-elle excessive ?Lorsqu’on perd plus de 80-100 cheveux par jour : la brosse se remplit à chaque fois qu’on la passe et la bonde de la douche se bouche facilement après les shampoings. Plus concrètement, une perte de cheveux importante se remarque par une chevelure plus pauvre, plus clairsemée chez la femme, et par des tempes et un sommet du crâne qui se dégarnissent progressivement chez l’homme. Cette chute –appelée en terme médical alopécie- est le plus souvent progressive, liée au vieillissement : elle survient chez l’homme dès l’âge de 30 ans, et chez la femme, à partir de la ménopause. Mais elle peut aussi, dans certains cas spécifiques, être brutale et rapide.Quelles en sont les causes ?Outre la génétique, facteur majeur, il s’agit principalement de la sensibilité de la racine du cheveu à la testostérone (on parle d’alopécie androgénique) : petit à petit, la phase de croissance du cheveu raccourcit, il devient plus fin et le nombre de follicules pileux (bulbes à partir desquels poussent les cheveux) diminue. C’est la raison pour laquelle la chute de cheveux se manifeste souvent lors des changements hormonaux : grossesse, prise ou arrêt de contraceptif, ménopause… L’alopécie peut aussi avoir comme origine certaines maladies (troubles de la thyroïde, infections du cuir chevelu, pathologies auto-immunes), certains traitements médicamenteux (chimiothérapie…) ou bien encore une malnutrition et/ou certaines carences alimentaires. Enfin, le stress et les chocs émotionnels sont parfois évoqués, mais il n’existe pour l’instant pas de preuve scientifique.

Peut-on la prévenir ?

Il faut avant tout prendre soin de sa chevelure : éviter les agressions (teintures chimiques à répétition, sèche-cheveux trop chaud…), masser le cuir chevelu et le laisser respirer (limiter le port de couvre-chef), ne pas trop tirer ses cheveux. Bien sûr, il faut éviter dans la mesure du possible les médicaments incriminés. Enfin, il faut adopter une alimentation suffisamment riche en fer, vitamines du groupe B, acides aminés variés, sélénium, zinc, acides gras insaturés…Quels traitements existent ?Certains shampoings et lotions (en vente en pharmacie) peuvent prévenir la chute des cheveux et stimuler leur repousse, tout comme certains médicaments (sur prescription médicale), mais, le plus souvent, ils ne suffisent pas. La solution consiste alors, lorsque la perte des cheveux devient trop voyante et complexe la personne dans son quotidien, à porter une perruque ou à envisager une greffe.

Comment se passe une greffe ?Les techniques ont beaucoup évolué et il est désormais possible de prendre les cheveux situés à l’arrière du cuir chevelu, sur la couronne, pour les implanter aux endroits dégarnis : eux ne sont pas sensibles à la testostérone.  La méthode la plus courante consiste à prélever une bandelette horizontale de 1 cm de large à l’arrière de la tête et derrière les oreilles, sous anesthésie locale, de la découper en petits morceaux, puis de les implanter aux endroits dégarnis. Cela dure en moyenne 2 à 3 h. Plus récente, la technique coréenne de Choï permet de prélever directement des bulbes de cheveux un par un, à l’arrière, et de les réinjecter dans le cuir chevelu avec une aiguille. Locale et indolore, cette méthode donne des résultats plus naturels et durables que la méthode de la bandelette, mais c’est plus long : 5 à 10 h. Enfin, dans un cas comme dans l’autre, le budget à prévoir est conséquent : de 5 000 à 10 000 euros. Et attention à veiller au sérieux du praticien : il n’y a pas de spécialité dédiée (ça peut être un dermatologue, un chirurgien esthétique…).

Source : Au secours, je perds mes cheveux !